sénateur en pointe contre l’écologie

Dimanche 27 septembre, la moitié du Sénat sera renouvelée par les grands électeurs qui choisiront de prolonger ou non le mandat de plusieurs sénateurs, dont certains mènent une offensive anti-écologique. Portrait de l’un d’entre-eux, du Tarn, Philippe Folliot (source Reporterre : https://reporterre.net/Pro-A69-pesticides-et-megabassines-Ces-senateurs-en-pointe-contre-l-ecologie)

Depuis sa loi, qui a voulu réautoriser l’acétamipride et a réussi à faciliter la vie aux fermes-usines et aux mégabassines, le sénateur Laurent Duplomb est passé à la postérité. En pointe pour la promotion d’une agriculture industrielle qui fait fi des pollutions, de la biodiversité et du climat, il donne désormais le la sur ces questions à la chambre haute. Dans son sillage, les sénateurs de droite Vincent Louault, Franck Menonville et Pierre Cuypers ont aussi bataillé pour le retour des pesticides néonicotinoïdes, ou pour une moindre protection des zones humides.

Lors des élections sénatoriales de dimanche 27 septembre, les sièges de ce quatuor ne sont pas remis en jeu, le Sénat étant renouvelé par moitié. Mais ils ne sont pas seuls à mener l’offensive anti-écologique. Les grands électeurs pourront choisir — ou pas — de renouveler le mandat d’autres parlementaires. Ces derniers ont peut-être moins fait la une des médias, mais ont eux aussi fait leur part contre les éoliennes et la « figure pouponne » de Greta Thunberg, pour le béton et le nucléaire.

  • Philippe Folliot, sénateur centriste du Tarn, 63 ans

Député du Tarn depuis 2002, sénateur depuis 2020, c’est sa défense constante et véhémente de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres qui lui vaut sa présence dans notre palmarès. Il affirme même être celui qui a relancé le projet en 2003 et qualifie les opposants de « bobos toulousains qui prennent en otage tout un territoire ».

Pour Philippe Folliot, les opposants à l’A69 sont des « bobos toulousains qui prennent en otage tout un territoire »

Cet engagement s’est traduit lors de son mandat au Sénat par le dépôt d’une proposition de loi, avec sa collègue centriste Marie-Lise Housseau, visant à relancer le chantier de l’A69. Le texte avait été déposé le 18 mars 2025, moins d’un mois après la décision du tribunal administratif de Toulouse (Haute-Garonne) qui avait annulé le projet et suspendu les travaux, estimant « qu’au vu des bénéfices très limités […], il n’est pas possible de déroger aux règles de protection de l’environnement ». Une décision insupportable pour le sénateur, qui a voulu contourner la décision judiciaire via la loi. Finalement, le chantier a pu reprendre sans ce coup de pouce et les arrêtés ont été validés par la justice. « C’est une question d’équité territoriale » et le projet a le « soutien de la quasi-totalité des élus et acteurs économiques et sociaux du territoire  », soutient-il auprès de Reporterre.

En réponse à nos questions, il souligne avoir travaillé sur la restauration de la « nature » et la protection des espaces maritimes. Mais il a aussi défendu la simplification des règles pour les retenues collinaires via la loi d’urgence agricole. Pour résumer sa position : « L’écologie ne peut pas être une politique dogmatique et punitive qui se construit contre les territoires ruraux. »

Dans un tout autre registre, M. Folliot est aussi spécialiste des questions de défense. Selon Le Canard enchaîné, il aurait utilisé ce statut pour aider sa compagne chinoise dans des démêlés judiciaires et financiers ayant fait gagner à cette dernière 250 millions d’euros. L’élu de 63 ans réfute des « accusations mensongères ».

Folliot

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